• Je déteste Noël.

     

    Au 26 décembre, il était temps que j'en parle.

    Je déteste Noël, s'écrie le titre de cette note. En fait, ce n'est pas totalement vrai. J'aime beaucoup la période de Noël, l'ambiance de fête, le froid qui fait rougir les joues et rend les yeux brillants, les décorations de Noël dans les rues, l'odeur des sapins, les longues hésitations existentielles entre l'écharpe rose et l'écharpe bleue, la sensation d'être vraiment sympa quand on cherche le cadeau le plus utile et le moins cher possible, les passants qui se sourient devant les vitrines pleines de promesses malgré le froid et la foule de cadeaux qui reste à emballer, étiqueter, envoyer, etc. L'atmosphère de la fin du mois de décembre est unique, différente du reste de l'année. Un je-ne-sais-quoi flotte dans l'air et parfois, même, je me surprends à esquisser une légère moue amusée dans la rue sans raison.

    Ce que je n'aime pas, c'est la soirée du 24. Vous savez, le réveillon en famille. La tradition veut que Noël se passe en famille, et le Nouvel An entre amis principalement à cause de ses beuveries monumentales et la non-obligation de devoir acheter des cadeaux de Noël à tous les invités. Cette année, comme celle d'avant et encore celle d'avant, nous avons fait les 1000km qui nous séparent de la Suisse pour pouvoir retrouver la famille paternelle pour l'occasion. Bien sûr, je suis contente de revoir mes grands-parents ("il faut profiter de leur présence, bientôt ils ne seront plus là..."), là n'est pas le problème. C'est juste que quelques points me chiffonnent.

    1) ma soeur. C'est sans doute le détail le plus flagrant, le plus agaçant, le plus déprimant. Ma soeur, contrairement à ce que l'armée a dit d'elle lors de son test d'aptitude psychologique, n'est pas gentille. N'est pas à l'écoute des autres. Pour elle, rien n'est plus important que briller en société. Elle est là, d'excellente humeur pour une raison qui m'échappe complètement, à glousser comme une folle, à jouer à celle-qui-tient-vachement-l'alcool-parce-qu'elle-se-bourre-tous-les-weekends et qu'on-ne-connaît-pas-pour-de-vrai. Ca a un certain côté vexant, non? Votre soeur est là et se comporte à l'opposé total de ce qu'elle fait d'habitude. Comme si nous, frère/soeur/papa/maman, ne valions pas la peine. Comme si eux, tante/oncle/cousines, valaient largement plus le coup que nous. Elle ne s'intéresse jamais à moi, sauf dans un cas très particulier: elle rigole comme si le monde entier n'était qu'une grande blague, puis me dévisage et me lance un "pourquoi tu fais la gueule?" méprisant. Parce que j'ose ne pas rire à sa plaisanterie, par exemple, ou bien parce qu'elle me fait vraiment pitié. Je déteste ça.

    2) mes cousines. En fait, elles ne sont pas un problème à proprement parler. On ne se voit jamais, deux ou trois fois par an à tout casser (hm, au réveillon de Noël, logique, et à la journée officielle de la sauce tomate en août, date à laquelle nous tachons de fabriquer de la sauce tomate). Elles trouvent que ma soeur est très spirituelle, très gentille, très tout. Parfaite, quoi. On dira que c'est de la jalousie. Oui, ça en est. Je suis morte de jalousie de voir des filles apprécier autant ma soeur, alors qu'elles ne connaissent que la manière dont elle souhaite briller en société. Mais c'est d'elles que je suis jalouse, j'aimerais bien que ma soeur fasse tout pour que je la voie ainsi. En somme, le 2) recoupe le 1).

    3) mon oncle et ma tante. Les longues et tumultueuses histoires qui ravagent ma famille depuis les problèmes du troisième fils de mes grands-parents ont dressé un véritable mur entre tata/tonton et nous. Je veux dire, nous sauf ma soeur. Ma mère en veut à ma tante, tout en restant discrète et supportant sans broncher sa présence. Ma soeur, d'ailleurs, adore ma tante qui est aussi sa marraine. J'en veux à mon oncle et à ma tante, et à cause de toute cette histoire, je suis incapable de les considérer comme autre chose que des gens lâches, sans aucune conscience, sans aucun respect envers mes parents, sans une seule once de réflexion, sans coeur, et d'une hypocraisie à me rendre malade.

    4) mes cousins. Oui, ils ne viennent pas au réveillon de Noël, il ne manquerait plus que cela pour que la soirée soit parfaite. Mais même sans être là, c'est plutôt leur absence impliquée par leur connerie, les horribles coups qu'ils ont fait et globalement toute cette histoire, qui est problématique. Ils ne sont pas là, parce qu'ils ont bousillé la vie de ma mère/la moitié de la vie de mon père.

    A part ça, tout va bien. Heureusement qu'il n'y a qu'un Noël par an.


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